Je suis né en 1971 en Guadeloupe, mais c'est en Nouvelle Calédonie, une île tropicale située dans le Pacifique Sud-Ouest, au large de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande que j'ai grandi et passé la plus grande partie de ma vie. C'est un lieu magnifique auquel je suis très attaché, j'aime sa nature sauvage faite de montagnes à la végétation unique, et de plages désertes.
Lors d'un séjour de 6 mois au Japon où je travaille, je rencontre Tesson, fils d'un potier japonais vivant au Québec. Je pars alors travailler dans le village de Val David, dans les Laurentides, pour un apprentissage qui durera 2 ans avec Kynia Ishikawa. C'est une véritable passion entre la terre et moi qui commence, j'ai 22 ans et je trouve enfin ma voie. Je me consacre alors pendant toute la durée de mon apprentissage, au tournage de la porcelaine sur un tour à pied. J'émaille et je cuits mes pièces dans un four à gaz. Je participe aussi à deux reprises à l'évènement "1001 Pots" organisé par Kynia.
Je décide alors de regagner mon île et d'installer mon premier atelier sur la propriété d'un ami qui me loue une petite cabane rudimentaire au milieu d'une bananeraie. Pendant 4 ans je reste seul pour étudier à fond la poterie. Les traditions qui m'entourent m'intéressent et me touchent : celles de l'Océanie et de l'Asie. La Nouvelle-Calédonie, avec ses espaces vierges et ses terrains miniers, attire de nombreux peuples de tous les horizons : tahitiens, wallisiens, indonésiens, vietnamiens, japonais, européens.
C'est dans cet environnement, en m'immergeant moi-même pendant plusieurs années au milieu des grands espaces de latérite du grand sud calédonien que je développe mon art.

Avec le vieux EmmanuelPendant ma "période calédonienne" j'ai réalisé régulièrement des exposition ainsi que des stages de formation. Mais l'expérience qui m'a le plus marqué, c'est la prise de contact qui s'est faite avec un descendant des dernières potières kanak. Ma route a croisé celle de ce vieil homme, installé dans la chaîne montagneuse au centre de la grande terre. Il a essayé de renouer avec une tradition potière délaissée et oublée avec l'arrivée des européens et des ustensiles en fer. Bien avant cela, les ancêtres des Kanaks, les Austronésiens, ont laissé voici environ 3200 ans, dans tout le Pacifique, des vestiges d'une magistrale poterie décorative, la poterie Lapita.
Depuis le début de mon parcours céramique, je n'ai cessé de m'inspirer du passé comme du présent, métissant les techniques en cherchant à ne jamais m'enfermer dans un style. Après 10 années où j'ai excercé comme seul potier professionnel en Nouvelle-Calédonie, je me suis installé dans le village de La Borne en France. Mon désir était de m'ouvrir, après toutes ces années de travail intense, replié sur moi-même. Rencontrer des potiers de tous horizons. Également passionné des fours à bois, j'allais enfin pouvoir construire mes fours, ceux dont je rêvais depuis si longtemps. À suivre...